Révision de la LPrD vaudoise : ce que les communes et entités publiques doivent faire
La LPrD ne concerne que les entités publiques vaudoises, pas les entreprises privées. La révision introduit six obligations nouvelles. Voici lesquelles, qui est concerné, et comment vous y préparer dès la phase de consultation.
Qu'est-ce que la LPrD, et qui y est soumis ?
La LPrD s'applique uniquement aux entités publiques vaudoises, et non aux entreprises privées, qui relèvent de la loi fédérale (LPD). Elle encadre la manière dont les organes publics du canton collectent, conservent, communiquent et détruisent les données personnelles, pour protéger les administrés contre un usage abusif par les autorités.
Les organes publics vaudois
- Administration cantonale et ses services
- Communes et leurs services
- Établissements de droit public
- Entités privées chargées d'une tâche publique cantonale
Le secteur privé et fédéral
- Entreprises privées, PME, indépendants
- Associations agissant à titre privé
- Organes et administrations fédérales
- Cas mixte : rattachement activité par activité
Pourquoi cette révision, et pourquoi maintenant ?
La révision répond à une nécessité d'harmonisation. La loi fédérale sur la protection des données (LPD) est entrée en vigueur le 1er septembre 2023 et a relevé le niveau d'exigence pour l'ensemble du pays. Le droit cantonal vaudois doit s'aligner pour que les organes publics du canton offrent un niveau de protection équivalent à celui attendu au niveau fédéral et européen.
Le Conseil d'État a autorisé la mise en consultation le 5 mars 2026. Le projet ne se limite pas à la LPrD : il étend ses principes à l'ensemble des lois spéciales cantonales et s'accompagne d'une nouvelle loi sur la vidéosurveillance. La phase de consultation permet aux communes, associations et acteurs concernés de faire valoir leurs observations avant l'adoption par le Grand Conseil. C'est précisément la fenêtre durant laquelle une entité publique a intérêt à mesurer son écart de conformité, parce que les obligations sont déjà connues et que le temps de préparation est encore disponible.
LPrD, LPD et RGPD
Les trois régimes partagent la même philosophie mais s'appliquent à des acteurs différents et désignent des autorités différentes. Une commune raisonne avec la LPrD, une entreprise avec la LPD, et toute organisation traitant des données de résidents de l'UE avec le RGPD.
| Critère | LPrD (Vaud) | LPD (fédérale) | RGPD (UE) |
|---|---|---|---|
| Qui est concerné | Organes publics vaudois | Personnes privées et organes fédéraux | Données de résidents de l'UE |
| Autorité de surveillance | Préposé cantonal à la protection des données et à la transparence | PFPDT | Autorités nationales et CEPD |
| Registre | Activités de traitement (nouveauté) | Activités de traitement | Activités de traitement (art. 30) |
| Analyse d'impact | Procédure d'AIPD (nouveauté) | AIPD si risque élevé | AIPD (art. 35) |
| Violations | Annonce formelle (nouveauté) | Annonce au PFPDT | Notification sous 72 h (art. 33) |
| Données sensibles | Élargies aux génétiques et biométriques | Inclut génétiques et biométriques | Catégories particulières (art. 9) |
Les six changements introduits par la révision
Voici ce que chaque évolution signifie concrètement au quotidien pour une entité publique.
Données sensibles élargies
Les données génétiques et biométriques deviennent sensibles. Tout traitement qui les utilise exige une base légale plus stricte et, le plus souvent, une analyse d'impact.
Profilage et décisions automatisées
Le profilage est spécifiquement encadré. Une entité qui utilise des scores ou des outils d'aide à la décision doit pouvoir en expliquer la logique et préserver l'intervention humaine.
Personne de référence
Chaque entité désigne une personne de référence en protection des données, point de contact et garante des obligations. Interne ou par mandat externe.
Analyse d'impact (AIPD)
Une procédure formelle d'analyse d'impact s'applique aux traitements à risque élevé, menée avant la mise en oeuvre du traitement.
Registre des activités de traitement
Le registre des fichiers devient un registre des activités de traitement, plus complet et orienté processus.
Annonce des violations
Les violations de sécurité devront être formellement annoncées. L'entité doit savoir détecter, qualifier et notifier, et qui décide.
Source : communiqué de l'État de Vaud du 5 mars 2026. Le projet étend ces principes aux lois spéciales cantonales et s'accompagne d'une nouvelle loi sur la vidéosurveillance.
Qui est concerné en pratique
La révision touche un large éventail d'entités publiques. La charge est proportionnelle au volume et à la sensibilité des données traitées.
Se mettre en conformité, étape par étape
Une commune peut aborder la conformité de façon ordonnée. La cartographie vient en premier car tout le reste en dépend.
Cartographier
Inventorier tous les traitements, service par service, y compris outils numériques et formulaires en ligne.
Gouverner
Désigner la personne de référence et clarifier les rôles, en interne ou par mandat externe.
Documenter
Construire le registre des activités de traitement à partir de la cartographie.
Évaluer les risques
Mener une analyse d'impact pour les traitements à risque, à commencer par la vidéosurveillance et le profilage.
Encadrer les sous-traitants
Identifier les prestataires qui traitent des données et contractualiser les garanties.
Préparer les violations et maintenir
Mettre en place la procédure d'annonce, puis faire vivre le dispositif à chaque nouveau traitement.
Que faire pendant la phase de consultation ?
Attendre l'adoption pour agir est l'erreur la plus coûteuse. Les obligations sont déjà connues, et la cartographie des traitements, qui prend le plus de temps, peut être lancée immédiatement. Une entité qui utilise la fenêtre de consultation pour inventorier ses traitements et désigner sa personne de référence abordera l'entrée en vigueur avec un dispositif déjà en place.
C'est aussi l'occasion, pour une commune ou une association faîtière, de faire valoir ses observations sur la faisabilité opérationnelle du projet de loi.
Lancez votre évaluation d'écart dès maintenantLes erreurs fréquentes à éviter
Croire que la révision concerne les entreprises privées
Elle ne vise que les organes publics vaudois. Les entreprises privées restent sous la LPD fédérale, quelle que soit leur implantation dans le canton.
Traiter la conformité comme un projet ponctuel
Il s'agit d'un dispositif permanent qui se met à jour à chaque nouveau traitement, chaque nouveau prestataire, chaque nouvelle technologie.
Ignorer les sous-traitants
L'entité publique reste responsable du traitement même lorsqu'elle confie des données à un prestataire. La gestion des sous-traitants devient un point de contrôle central.
Où en êtes-vous avec la LPrD ?
Quelques questions pour identifier la loi qui s'applique, situer votre préparation, et obtenir des priorités personnalisées.
Étape 1
Quel type d'organisation représentez-vous ?
Partager ce diagnostic
Pour une intégration sur un site de commune ou d'association, utilisez la version intégrable.
Ce que les entités publiques demandent
Qui est soumis à la LPrD ?
Quand la révision entrera-t-elle en vigueur ?
La révision crée-t-elle des amendes comme le RGPD ?
Une association ou une fondation est-elle soumise à la LPrD ?
Une entité reste-t-elle responsable de ses sous-traitants ?
Par où commencer concrètement ?
Qui doit désigner une personne de référence en protection des données ?
Qu'est-ce qu'un registre des activités de traitement et comment le construire ?
Quand une analyse d'impact (AIPD) est-elle obligatoire pour une entité publique vaudoise ?
Comment piloter la conformité LPrD, LPD et RGPD sans tout faire en triple ?
Rédigé par un spécialiste
Sources : communiqué de l'État de Vaud du 5 mars 2026 · loi fédérale sur la protection des données (LPD), en vigueur depuis le 1er septembre 2023 · Préposé cantonal vaudois à la protection des données et à la transparence · Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT).
Préparez la LPrD pendant la consultation
Évaluation d'écart, registre des activités de traitement, analyses d'impact, ou mandat de personne de référence. Avec une approche d'implémentation, pas seulement de conseil.
